Archive for the ‘Népal’ Category

Du Pétard au Népal

« L’Himalaya, ce n’est rien que du Bonheur transcendantal, des petits thés sympas au beurre rance et des gros pétards à l’ancienne », comme le répètent depuis trop longtemps certains ignorants urbains et autres marchands de rêves ou de voyages. Vingt-deux journalistes népalais viennent d’êtres contraints de fuir à toute vitesse le district népalais de Dailekh, menacés qu’ils ont été de se faire ratatiner à mort par des activistes maoïstes du « parti communiste unifié du Népal » (CPN), un mouvement d’extrémistes  qui peut vaguement se comparer au « sentier lumineux » péruvien de sinistre mémoire. Ces reporters Népalais ont été gravement menacés dans leur vie après avoir demandé que le gouvernement prenne des mesures à l’encontre des assassins du journaliste Dekendra Raj Thapa (à g.) qui aurait été brûlé vif par des activistes du CPN. Certains « human rights watchdog » risquent donc d’avoir à sortir de leurs lévitations en robes safran, de leur bâton d’encens unique et à se bouger les sandales dans les altitudes à  vilains yétis, aussi. JLC

 

Grand Air

30123074-01nm_china_pollution_070427_msLa pollution de l’air est devenue telle en saison chaude à Chiang Maï (à g.), ville et province du nord de la Thaïlande, que l’aéroport doit allumer les feux de sa chaude piste en plein jour pour permettre aux pilotes de se poser. Sur l’ensemble de la province et d’autres, la visibilité est inférieure à 500 mètres et les éléphants font des malaises. Ils ne sont pas les seuls : marrantSelon les autorités sanitaires, plus de 240’000 personnes ont déjà du se faire traiter ou sont en traitement ambulatoire dans les 86 hôpitaux et autres postes de santé du nord de la Thaïlande pour des problèmes respiratoires, cardiaques, d’inflammations des yeux et autres irritations de la peau liées à la pollution de l’air qui dépasse par endroits trois fois les limites maximales. Dans les pays voisins, comme la Birmanie, ce n’est pas mieux, mais on le dit moins car les hôpitaux font défaut. Au Népal, c’est pire. En Chine (à dr.), qui n’est pas loin et se place en tête de liste des pays émetteurs de CO2 (dioxyde de carbone) avec 24% des émissions mondiales, l’air est aussi effroyablement pollué, très largement au-dessus des normes. Et comme les vents ont tendance à globaliser la pollution, certains qui ne manquent habituellement pas d’air ont tendance à s’essouffler.

 

Elévations de Proximité

masque-bonindex13Découvrir d’autres sociétés et géographies, se frotter à d’autres réalités sont en soit d’excellentes choses. Mais en cela il convient aussi d’approcher les réalités du jour et non seulement les clichés romantiques, qui aident à rêver mais rapportent de façons souvent passéistes et incomplètes. C’est quelque part un peu manquer de respect aux peuples de régions qui changent. et ne souhaitent pas forcément vivre dans des « réserves » pour faire plaisir aux promeneurs venus de sociétés sous Valium ou d’autres choses. ll est en cela sidérant de voir combien des marchands de rêves et de voyages continuent à vendre le Tibet, le Bouthan, la Thaïlande,  la Birmanie du Nord ou encore le chefYunnan chinois, dans une présentation tendant à montrer ces régions telles qu’elles se présentaient surtout jadis et encore au XIXe siècle, âge d’or des orientalistes et autres botanistes distingués. Certes, dans tous ces pays himalayens, comme dans d’autres, il subsiste des poches plus ou moins larges d’authenticités ancestrales, des paysages préservés, des monastères colorés, bien sûr. Mais c’est également le cas dans les Alpes Suisses, française, autrichiennes ou Italiennes, aux rives de la high-tech. Mais voilà, pour ce qui touche à l’Himalaya on tend à accréditer une image paradisiaque de lieux exotiques, en forme de réserves géographiques et costumehumaines, détachées des choses de ce bas monde, riches de spiritualités exceptionnelles, des vrais paradis perdus en forme de Shangri-La. C’est devenu très incomplet. pour ne pas dire franchement trompeur. De nos jours, au Tibet les trains circulent, les aéroports fonctionnent, les mines dmontagne1’or et d’autres minéraux se creusent, les barrages hydroélectriques s’édifient comme jadis en Suisse ou en Haute Savoie française, les jeunes de Lassa fument des pétards, aiment d’autres musiques que celle des trompes taillées dans des os humains, l’immobilier bat son plein, les ordinateurs sont  dans les villes. Idem, dans une moindre mesure, au Bouthan du « Bonheur National Brut ». En Thaïlande du nord, n’en parlons pas : Les scooters et les téléphones mobiles sont partout, jusque dans les plus reculées ethnies tibéto-birmanes « Mosso » ou « Mousseu » du Doi Angkhan. Les jeunes n’aiment plus trop aller réciter des litanies en Pali, auquel ils ne comprennent rien, dans le monastère du coin. En Birmanie du Nord, chbon-oriereegliseez les Kachins, les Shans (Grand Thaïs), où on est plutôt chrétiens, les télécommunications, les véhicules 4×4, la télévision, les jeux vidéos, sont partout aussi. Les armes sophistiquées comme des missiles air-sol costume-valaisdernier-cri, les drogues et les casinos rutilants, également. Chez les Was on trouve des palaces, des salons de jeux, des taxis ultra modernes, des boutiques de luxe proposant d’authentiques sacs Hermès et autres montres Rolex, tout cela à un jet de pierre de villages vivant tintin-1comme dans les temps anciens, ainsi qu’il s’en trouve aussi encore sur le Toit de l’Europe. C’est peut-être les nouvelles réalités et contrastes de ces « paradis sur terre » qu’ils conviendrait de montrer et voir mieux en face, sans préjudice pour les cultures et traditions,. Les temps ont changés, que cela plaise ou non, ceci surtout grâce aux « bienfaits » de la globalisation. A propos, toutes les photographies présentées ici – y compris celle du yak – viennent de « Shangri-La » de France et de Suisse. Côté  exotisme, spiritualité et Sagesses profondes, pas de souci non plus: sur le Toit de l’Europe et ses abords il y a tout ce qu’il faut sous la main et on comprend même ce qui se dit dans le texte. Donc pas besoin tout de suite de s’efforcer de passer à pied par la Chine pour aller léviter en s’extasiant dans des alpages du bout du globe. Comme s’interrogeait l’autre : « Et si  avant de faire le tour du monde nous faisions d’abord le tour de nous-même ?». JLC

 

Mal Rampant

bactOn l’ignore parfois, mais la lèpre reste une maladie endémique, plus particulièrement en Asie. On a même pensé durant très longtemps que la lèpre, dont la plus ancienne trace connue a été découverte au Radjastan, en Inde, sur un squelette vieux de 4’000 ans, venait d’Asie. Mais des travaux récents sur le génome de la bactérie conduits par l’Institut Pasteur et publiés en 2005, semblent désormais plutôt indiquer que la lèpre se serait originellement développée dans l’est de l’Afrique, voir au Moyen-Orient, avant d’attendre l’Asie et l’Europe. Quoi qu’il en soit, en Thaïlande seulement, 140’000 lépreux étaient encore déclarés en 1956. Ce nombre a chuté à 688 cas enregistrés en 2010, un succès damaladens l’éradication de cette maladie assez peu contagieuse, due à une bactérie proche de celle la tuberculose, la « Mycobacterium leprae » (à g.), mise en évidence en 1873 déjà par le Norvégien Gerhard Amauer Hansen. Mais, en dépit de ces progrès, du à la fois à des programmes soutenus par sa Majesté le Roi mais aussi  et peut-être même surtout à d’autres programmes largement financés et mis en œuvre par des organisations internationales, la lèpre reste un source de préoccupation dans les régions frontières où vont et viennent des migrants économiques, légaux ou non, voir des réfugiés de guerres, carte1provenant de pays où les populations ne bénéficient de loin pas des mêmes programmes de santé publique, comme la Birmanie, ainsi que dans les régions où vivent des minorités ethniques reculées. Selon l’OMS, 213’000 personnes résidant pour une brahmos_cruisse_missile_system_india_indian_army_003large part en Asie sont infectées et même si des progrès considérables ont été réalisés dans l’éradication de cette terrible maladie qui affecte principalement les nerfs et la peau (à dr.) et entraîne l’exclusion sociale. Quelques 249’000 nouveaux cas ont été notifiés en 2008. Les pays du sud-est asiatique figurent au nombre des plus affectés, avec l’Inde (70% des cas), la Birmanie, le Népal, etc (carte). C’est dire que, pour cd qui touche à la Thaïlande, plaque tournante du sud-est asiatique, les régions de Chiang Mai, Chang Dao ou Chiang Rai, dans le nord, Buri Ram, Surin ou Roi Et, dans le nord-est, Yala ou Narathiwat, dans le sud, restent parmi d’autres, des zones où la lèpre, aujourd’hui traitable par des antibiotiques, reste un souci de santé publique bien réel. Si au lieu d’investir massivement dans des missiles de croisière supersoniques « BrahMos » (à g.) l’Inde investissait un peu plus dans la santé publique, il est probable que la situation en matière de lèpre, mais pas seulement, serait  bien meilleure non seulement en  Inde, mais aussi en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge ou ailleurs dans le sud-est asiatique. Il en coûterait aussi moins cher aux organisations humanitaires de tenter d’éradiquer ce mal qui affecte surtout les plus humbles.

 

Impérialisme Chinois

china_new_imperialism_lg_dominica_newsLa Chine, comme toute les nations, a le droit de disposer de ses forces armées. Mais le problème est que la Chine n’est pas une démocratie, comme earth1beaucoup d’autres nations occidentales  avec qui elle traite ou s’implante en douce, mais en force. Nonobstant ses riants dehors cosmétiques c’est une dictature répressive dirigée par un parti unique, le parti communiste chinois, comme jadis le Reich allemand l’était par le NSDAP. Utilisant à fond ses services de renseignements technologiques d’État, bénéficiant en cela de multiples diasporas à travers le monde, l’autocratie chinoise vole ou achète à des avides, des technologies de pointe de tous les côtés, copie à tour de baguettes et se bricole des forces de frappe de plus en plus inquiétantes. Le coup de propagande manipulé que la Chine s’est offert récemment a même pris les démocratiques États-Unis par surprise : La « révélation » sur une piste de l’Institut aérien de Chengdu, certainement approuvée en coulisses, du prototype d’un nouvel avion de combat « invisible », pas encore au point au niveau des moteurs, notamment, mais destiné à faire la nique au F-22 « Raptor », le dernier cri des avions de combat américain de technologie « stealth » qui permet d’échapper aux radars adverses, a considérablement agacé les analystes militaires de Washington D.C. Ce qui n’est pas bien. Non contente de se la jouer provisoirement grandiose avec la dette américaine, la dictature chinoise veut aussi se doter d’un porte-avions alors qu’une grande majorité de ses peuples vit encore comme au moyen-âge. La Chine développe aussi toute une panoplie de couteuses armes high-tech, pas seulement défensives. Il est très improbable que la Chine communiste 20060513010608china_imperialism_cartoons’en prenne un jour militairement à l’Europe, au bassin méditerranéen, à l’Afrique, l’Amérique du nord ou du sud, autrement qu’économiquement – ce qu’elle fait déjà avec une mal ressentie agressivité et une grande suffisance commerciale. De toutes façons, la Chine ne va pas tarder à  rencontrer des problèmes sociaux considérables, d’abord chez elle, mais aussi avec les autochtones des pays où ses sociétés d’état et ressortissants se sont implantés trop vite et en nombre,  sans effort d’intégration aucun,. La propension Han à considérer tout ce qui n’est pas Han comme inférieur est un trait de caractère notoire des Chinois. Et cela pose déjà problème, notamment en Chine, en Algérie, en Tunisie, au Kenya et demain certainement ailleurs. Son modèle tyrannique d’exploitation sans vergogne des plus humbles et de leurs ressources, par une castes d’affairistes communistes en partenariat avec des faiseurs d’argent indigènes ou mondialisés,  allume déjà la mèche. L’autocratie chinoise s’impose  dans toute l’Asie où ses diasporas ont infiltré profondément l’économie, que ce soit en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, en Birmanie, en Corée du Nord ou ailleurs. Les diasporas chinoises des Philippines et de Thaïlande ont déjà fait l’objet de graves mises en cause. En Thaïlande les Chinois ont été contraints d’adopter des noms thaïlandais ou d’êtres chassés du pays et, aux Philippines, des attaques armées contre des Chinois se sont déjà produites.  La Chine a une stratégie impériale, qui n’est pas sans rappeler celle des fascistes Japonais de jadis : « l’Asie aux Asiatiques », la « Grande Asie , « Quant écraser œuf dans main, Jaune rester mais Blanc foutre le camp« , air connu depuis Ho Chi Minh. Pour ce qui concerne le continent, asiatique il serait inexact de prétendre que la Chine communiste n’est ni impérialiste, ni belliqueuse. Le parti communiste a pris le pouvoir par les armes en Chine, Elle a affermi par la force son contrôle sur le Tibet,  ses mines d’or et autres barrages hydroélectriques, puis largement soutenu la Corée du Nord dans son attaque de la Corée du sud et a sterre-11sm-a1yimgcom1massivement engagé ses troupes dans cet acte d’agression. Elle a aussi jadis attaqué les forces Indiennes dans le Cachemire, provoqué les forces de l’ex union soviétique sur le Fleuve Ousouri  – le Fleuve Amour – et pourrait avoir à terme des ambitions sur l’Extrême-Orient de la Nouvelle Russie, voir de la Mongolie, là où les ressources énergétiques dont elle a besoin abondent. comme l’ont fait jadis  les Japonais. Les États-Unis, ne l’oublions pas, sont aussi une nation du Pacifique, avec des intérêts multiples et considérables dans la région, tout comme, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, la Birmanie, la Thaïlande les Philippines, Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle Russie d’Extrême-Orient. Si les leaders chinois communistes – la Chine historique n’a pas été tant le fait des Hans du bassin du Fleuve Jaune que des Mongols ou des Mandchous – se la jouent trop orgueilleuse et trop impériale – ce qui est leur point faible majeur – cela risquerait alors de chauffer dans la région. La Chine partenaire responsable d’échanges équitables au profit de tous, oui. Mais une dictature communiste chinoise souveraine , pratiquant le dumping, foulant aux pieds les valeurs occidentales, tout en s’offrant à tour de bras des  entreprises occidentales – mais pas seulement – avec la complicité d’avides mondialisés, non. Si la Chine a  été mise en coupe réglée au XIXe siècle par les  puissances  impériales occidentales, ce n’est pas une raison  pour qu’elle se la joue de même au XXI siècle.  C’est un peu comme l’eau, non pas lustrale mais ferrugineuse: Il ne faut pas en abuser même si on est Mandarin, comme on le clame déjà, non sans raisons, dans certains pays  Méditerranéensmais pas seulement. « Les « Chinois à  Paris »  du prémonitoire Jean Yanne n’est plus un film burlesque. L’agressivité commerciale, la vénale et orgueilleuse suffisance communiste chinoise est devenue, avec la complicité d’avides mondialisés qui prétendent œuvrer au profit du bonheur de tous, une sournoise, envahissante et  inquiétante menace pour les paix sociales, en particulier dans les démocraties, mais pas seulement. Certains politiciens européens, américains, africains ou asiatiques en conviennent déjà,  le disent et les rues bougent. Les gouvernements seraient bien avisés d’en tenir compte promptement,. Les mandarins affairistes communistes et leurs partenaires globalisés aussi,. Sans quoi ils risqueraient peut-être, un jour pas si lointain, de se retrouver tout chose sur leur culte… de l’argent à tous prix.

 

Ouvrage à Lire ou Relire

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Un grand document, un livre révélateur important « , comme on  écrit certains qui l’ont lu
voir d’autres qui en ont parlé avec cœur et respect du temps passé.


 

Histoires d’Inde et de Tibet

240px-india_west_bengal_locator_mapsvg419px-assam_cachar_locator_mapsvgL’Assam (à dr.) est une préfecture apostolique de la province ecclésiastique de Calcutta, établie en 1889 déjà, servie par la « Société du Divin Sauveur », dont la maison mère est à Rome. Son territoire couvre non seulement la province indienne de l’Assam, mais encore le Bouthan et Manipur, soit au total une population de sept millions de personnes. Les Catholiques y sont aujourd’hui au nombre de 1’800, encadrés par 6 prêtres séculiers et 10 prêtres réguliers servant 19 postes et 25 chapelles, notamment à Shillong, Gauhati, Bondas Hill, Rai Ling, Laitkinsew, Silchar, Cherrapunji, Lamine, et ailleurs. A cela s’ajoutent 15 écoles primaires au bénéfice de 300 élèves, garçon et filles, 2 orphelinats, 4 dispensaires, 1 home pour personnes âgées et un petit hôpital à Shillong, tenu par les sœurs de la « Société du Divin Sauveur ». Par ailleurs, 17 églises protestantes comptent dans la région quelques 18’000 adhérents.Le district de Darjeeling, au nord-est du Bengale occidental, (à g.) était lui aussi d’abord rattaché à la province ecclésiastique de Calcutta avant de devenir, en 1962, un diocèse distinct, placé sous la conduite du premier évêque népalais, Mgr Eric Benjamin (1920-1994). S’inscrivant dans le cadre historique de la « Mission du Thibet » – voir « La Croix Tibétaine - des prêtres des Missions étrangères de Paris (MEP) s’étaient implantés dans toute la région himalayenne entourant le Tibet, ceci à partir de la moitié du XIXe siècle. Après la Corée, le Japon, la Manchourie et la Malaise, le pape Grégoire XVI confia en effet le Tibet et l’Assam à la Société des Missions étrangères de Paris en 1846, à quoi s’ajouteront trois provinces de Chine à la frontière du Tibet en 1849 puis la Birmanie, faisant également frontière avec le Tibet, en 1855.Suite aux effets conjugués de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en France, de la première guerre mondiale en Europe, de l’émergence du communisme, les Missions étrangères de Paris connurent alors une profonde crise à la fois financière et de vocations. Les MEP appelèrent alors à l’aide d’autres Congrégations plus prospères, dont celles des montagnards Chanoines du Grand-Saint-Bernard et celle des savants Chanoines de l’Abbaye de Saint-Maurice et son Collège, toutes deux dans le Valais suisse. Les premiers virent de 1933 à 1952 renforcer les postes missionnaires des MEP dans les hautes vallées du Mékong et de la Salouen, dans le Yunnan chinois. Les seconds reprirent de 1934 à 1994 les postes des Missions étrangères de Paris dans la région de Darjeeling, également au pied de l’Himalaya, dans ce qu’il était alors aussi convenu d’appeler les « Marches du Thibet ».
L’épopée des MEP et des Chanoines du Grand-Saint-Bernard est dé
crite en détails dans les 752 pages et 470 illustrations, cartes et documents rares de « La Croix Tibétaine ». Celle des MEP et des Chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice reste à ce jour moins connue. (L’auteur de « La Croix Tibétaine » aimerait lui consacrer aussi une vaste fresque historique. Mais, hélas, les moyens financiers lui manquent pour engager un tel travail. Alors s’il existe de par le monde des dorés animés de bonnes intention800px-darjeelings, qu’ils n’hésitent pas à se manifester). De 1934 à 1994, une quinzaine de chanoines de Saint-Maurice ont œuvré dans le district de Darjeeling, (photo) au pied du Kangchenjunga (8500m.). Fondant les collèges de « Saint-Georges » à Pedong et de « Saint Augustin » à Kalimpong, ils ont grandement contribué au développement culturel et social. Plus tard les Jésuites et les Salésiens ont ouvert dans cette région d’autres écoles secondaires. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny y exercent aussi une activité importante dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans des dispensaires et centres sociaux. Aujourd’hui une centaine de prêtres indigènes œuvrent dans le district de Darjeeling et l’ancien royaume du Sikkim. Cette région est essentiellement peuplée d’Hindous et de Bouddhistes. Comme ce fut le cas dans les « Marches tibétaines du Yunnan chinois », notamment avec les Lissous, ce sont surtout des minorités animistes qui se sont converties au Christianisme, qu’il soit catholique ou protestant. Et, contrairement à une idée aussi fausse que répandue, les Missionnaires au grands cœurs, passés ou présents n’ont pas assujetti ces populations. Ces « Porteurs d’Espérance», Catholiques et Protestants les ont le plus souvent libérées, enseignées, soignées quand ils ne leur pas apporté écriture, dignité et conforté leur identité, parfois en y laissant leur vie jusqu’au martyr, comme le Suisse Maurice Tornay, assassiné sur le col du Choula, alors qu’il était en route pour Lhassa. Peu avant, le 7 avril 1949, il avait écrit: « (…) Ce serait épatant  de faire ce voyage, ne serait-ce que pour ouvrir une route avec les Indes (…)« . Preuve que, lui au moins, avait  compris toute l’étendue de la « Mission du Thibet ».